Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Evreux expérimente l’écoconception paysagère

Février 2017 - Régis Triollet et Jean-Luc Toullec (animateurs des réseaux DGER "Horticultures et Paysages" et "Biodiversité")

 Dès 2015, l’établissement de formation Horti-Pôle d’Evreux a mis en place un espace de démonstration et de vulgarisation sur la démarche en « écoconceptions paysagères ».

Les étudiants de BTS aménagement paysager débattent ! Photo Régis Triollet

De quoi s’agit-il ? Explications avec les enseignants et les étudiants.

«Les professionnels n’aiment pas trop les mauvaises herbes, les nouvelles méthodes de gestion sont peu connues, et on sera obligé de passer par une remise en cause des méthodes habituelles ! Il va falloir faire preuve d’ouverture d’esprit dans le futur », annoncent Axel et Simon, des étudiants en BTSA aménagements paysagers première année.

 

Ces propos d’étudiants font écho à la démarche d’écoconception paysagère qu’ils ont mis en place avec leurs enseignants sur l’atelier technologique horticole (ATH). Il s’agit de concevoir et implanter des espaces paysagers plus respectueux des ressources naturelles (eau, sol, biodiversité…), chaque espace devant évoluer avec un minimum d’intervention humaine tout en répondant à des attentes locales, notamment en termes de qualité paysagère.

Des jardins démonstratifs pour accompagner la pédagogie de terrain !
Photo Jean-Luc Toullec

D’où vient de projet ?

D’une part, il a été initié par des enseignants et le directeur de l’atelier, sensibles à ces nouvelles démarches. D’autre part, il répond aux attentes de partenaires locaux diversifiés1 sur la mise en œuvre et la diffusion de pratiques plus écologiques.

De plus, « la mission de L’atelier technologique horticole de l’EPLEFPA d’Evreux consiste à accompagner la transition agro-écologique pour les métiers de l’horticulture, du paysage et de la nature. Cela nécessite que l’on renforce sa fonction pédagogique, d’outil de démonstration et d’expérimentation », précise Vincent Malo, directeur de l’établissement.

Dès 2014, les services régionaux œuvrent pour une cohérence écologique du territoire.

Une des causes principales de l’érosion de la biodiversité est la fragmentation des milieux naturels et des paysages. C’est ce que révèle le schéma régional de cohérence écologique (SRCE), adopté par le conseil régional de Haute Normandie le 13 octobre 2014 : « Ce morcellement impacte également la société humaine puisque de nombreux services écologiques fournis par la nature sont menacés : régulation/ épuration des eaux de ruissellement, protection des sols contre l’érosion, amélioration de la qualité de l’air, patrimoine paysager et pollinisation ».

Lionel Lardinais, une des chevilles ouvrières du projet
Photo Régis Triollet

Près de 1500 m² de jardins pédagogiques créés par les apprenants

Sur une partie de l’atelier horticole, en pleine ville d’Evreux, les étudiants et leurs enseignants ont créé depuis plusieurs années différents jardins à thème : types de haies, pelouses et prairies, tests de massifs avec mélanges arbustifs … L’ensemble des centres de l’établissement (lycée, CFA et CFPPA) y a participé, toutes options et matières disciplinaires concernées, en concertation avec les partenaires professionnels du territoire. Une quinzaine d’enseignants et de formateurs y sont impliqués, sous la houlette de l’équipe de direction ainsi que de Valérie et Lionel Lardinais, enseignants et coordinateurs de l’action et de la communication.

Photo Régis Triollet

 

 

« Nos réunions de coordination réalisées tous les deux mois avec l’ensemble des référents des projets pédagogiques permettent de partager efficacement les informations, et valider le planning des activités », annonce Denis Chatelain, directeur de l’atelier technologique horticole.

L’espace d’écoconception paysagère, un projet sur la période 2015-2018

Cet espace expérimental présente à petite échelle des exemples d’aménagements paysagers réalisables par des professionnels : haie, rond-point … La particularité tient dans la conception : sont ainsi testés différentes associations entre des végétaux sauvages (labellisés végétal local*) et des végétaux d’ornement, différents types de haies et de couvre-sols …

Plusieurs classes ont participé aux différentes étapes du projet : l’étude du contexte environnemental avec les BTSA première année (analyse de sol, insertion dans la trame verte et bleue…), les BTSA deuxième année étant chargés de la conception des modules « rond-point », « haie » et « jardin d’école ». La réalisation de travaux préliminaires a été réalisée par les apprentis (CAPA : Certificat d’aptitude professionnelle agricole, et Brevet professionnel agricole), ainsi que par les élèves de GMNF* et les stagiaires de la formation continue. Les CAPA Travaux paysagers ont réalisé les travaux d’implantation.

Un rond-point cherchant à allier esthétique et écologie. Photo Régis Triollet
Pour Manon : « c’est le client qui décide, on devra lui expliquer, sachant que l’on parle de plus en plus de nature dans les modalités de gestion des jardins » Photo Régis Triollet

Comment tout cela va-t-il évoluer ?

L’expérimentation vise aussi à évaluer comment évoluent ces espaces. Les apprenants vont continuer à assurer le suivi, l’entretien et la valorisation. Dans le cadre d’un PIC*, les étudiant en BTSA aménagements paysagers accueilleront en 2017 des collégiens sur l’espace démonstratif de l’établissement, œuvrant ainsi pour la sensibilisation des plus jeunes aux métiers du paysage.

« Ce projet Ecoconception paysagère, en phase avec les intérêts du monde professionnel et ceux de la pédagogie de terrain, est une réelle opportunité pour motiver, mobiliser nos publics accueillis et atteindre les objectifs communs », assure Lionel Lardinais.

Les objectifs du projet sont aussi de contribuer à l’émergence d’une nouvelle filière consacrée au végétal local*.

Durant l’année 2018, un temps d’échanges et de restitution globale des résultats de ce projet bénéficiant du financement CASDAR* dans le cadre de la transition agro-écologique est programmé, avec un évènementiel restant à formaliser dans ses contenus, avec l’appui des réseaux thématiques Horticultures et paysages et Biodiversité de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER).

Label végétal local

Lancés en 2015 à Angers, les labels « Végétal local » et « Vraies messicoles » visent à garantir l’origine locale d’un végétal sauvage sur le marché. Ils ont été créés à l’initiative de la Fédération des Conservatoires botaniques nationaux , de l’Association Française Arbres Champêtres et agroforesteries et de l’association Plante & Cité pour répondre aux enjeux écologiques et économiques de la restauration des milieux.

Chiffres clés de l'atelier

  • 4,5 ha dont 600 m² de serre verre
  • Un atelier pédagogique, une unité de production horticole, des espaces paysagers, des prestations de service en jardins espaces verts.
  • Productions horticoles : 15 000 arbustes et arbres, 5000 Vivaces, 55 000 annuelles et 40 000 bisannuelles
  • 3 salariés (statut médical)

Contacts utiles

MAAF - DGER - SDRICI - BDAPI

1 ter avenue de Lowendal, 75700 Paris 07 SP