Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Une serre high-tech pour des plants maraichers bios

Décembre 2015 - Jean-Marie Morin (animateur du réseau Formabio DGER)

 Lech  ZLOBECKI, directeur de l’exploitation horticole de Marmilhat, s’est engagé complètement avec la profession et l’EPL, dans le projet de production de plants maraichers bios. Il est même en avance sur les prévisions !

Répondre à la demande du territoire

 Situé en zone urbaine, l’exploitation horticole de l’EPL Louis Pasteur de Marmilhat doit s’adapter à la demande sociale environnante : Clermont Ferrand et son agglomération de 290 000 habitants attendent de l’enseignement agricole qu’il participe au développement d’une agriculture respectueuse de l’environnement et proposant des produits de qualité. C’est le choix qui a été fait en  2012 en convertissant la production de plants légumiers en agriculture biologique, dans le cadre d’un projet Massif central Développement d’une filière maraichage biologique (8 établissements concernés). L’enjeu était de développer la production avec les partenaires professionnels dans le cadre de la mission d’animation et développement des territoires de l’enseignement agricole.

Lech ZLOBECKI, directeur de l’exploitation horticole, justifie les finalités du projet et leur traduction opérationnelle.

« Dans le cadre du développement durable et de l’agro-écologie, il faut s’appuyer sur trois piliers. Ecologique, avec "zéro  désherbant" et une maîtrise de l’irrigation par le goutte à goutte qui assure une bonne santé des plants et permet de s'affranchir des phytos. Economique, le marché du maraîchage bio  est en plein développement et permet une bonne valorisation des plants. Social, il faut veiller à préserver la santé des salariés (en supprimant les phyto) et répondre à la demande du territoire. »

Les axes du projet de l'exploitation sont les suivants :

  • Mettre en place une production de plants maraîchers pour les professionnels,
  • Faire de l'expérimentation variétale légumes avec le GRAB (Groupement régional des agriculteurs biologiques),
  • Créer une plateforme de production et un magasin de vente,
  • Créer d’un bureau et salle de réunion pour les professionnels de la région.

Une production de plants en adéquation avec la profession

La pépinière de plants maraichers et PPAM est opérationnelle depuis début 2015 (deuxième année du projet), ainsi que les expérimentations variétales avec le GRAB Auvergne, grâce à la construction en 2014 de la serre bi-tunnel double paroi de 1075m2. Les plants sont proposés aux maraîchers bios locaux en fonction de la planification réalisée avec la profession. Les expérimentations déjà mises en place  (variétés de tomates, salades,épinards, engrais verts…) ont permis de matérialiser le partenariat avec le GRAB : un technicien est affecté à ce suivi en collaboration avec le directeur de l’exploitation. La qualité des plants est garantie notamment par les équipements de la serre « High tec » : double paroi pour limiter les variations de température et arrosage géolocalisé permettant une gestion parfaitement adaptée de l’irrigation.

Une partie des ventes est aussi réalisée à destination des particuliers et des collectivités pour la partie production intégrée de la pépinière ornementale et floriculture grâce à une autre serre de 1600 m2 et la plateforme de 5000 m2.

Un projet économique et pédagogique

 Le bâtiment de vente et de réunions vient d’être livré. Sa conception aux normes environnementales et structure bois offre une grande luminosité et une ambiance conviviale pour l’accueil des clients et des professionnels (marché prévu sous le préau et réunions du GRAB).

Le chiffre d’affaires de 180 000 euros en 2014 permet de rémunérer les trois salariés et garantit un résultat en équilibre voire positif.

L’implication des enseignants et des apprenants s’est manifestée par la réalisation d’une charte d’utilisation de la serre et des matériels. L’exploitation et particulièrement ses nouvelles activités sont des occasions privilégiées de TP et de mini stage pour les apprenants de la filière horticole; l’implication des autres filières de l’EPL s’est notamment traduite par une réflexion sur l’aménagement des abords par les BTS AP lors des constructions. Les stagiaires de BP REA sont aussi très présents sur les activités maraichères.

Le projet a été financé par le CGET (ex DATAR) à la suite d’un appel à projets ; les investissements ont été de 205 000 euros pour la serre, 250 000 euros pour magasin et la plateforme, financés à 70% par le CGET et à 30% sur fonds propres de l’EPL.

A ce stade, le projet a permis :

  • Une amélioration de la situation économique de l’exploitation par de nouveaux débouchés (plants),
  • Une technique rapidement maîtrisée et un partenariat professionnel efficace (les maraichers sont satisfaits des plants et élargissent leur demande (fraisiers)
  • Un travail sur un nouveau projet: la transformation des fruits et légumes en partenariat avec les professionnels et en cohérence avec une filière de formation à créer ; dans ce cadre, la création d’un verger orienté petits fruits et production de plants est en cours.

Le montage et la mise en œuvre dans un temps réduit de ce projet a nécessité une très bonne organisation et n’aurait pu se faire sans la forte implication de Laurent Robert, chargé de développement et d’ingénierie du CFPPA qui pilotait l’ensemble du projet auvergnat. La question du « tout bio » s’est posée, un choix entre éthique et labellisation. La pépinière ornementale n’est pas en bio car du point de vue technique, il n’y a pas jusqu’à présent de solution satisfaisante pour la fertilisation du substrat et surtout pas de valorisation possible en bio. Des évolutions sont possibles, par exemple avec la certification « plante bleue » car la demande du marché apparaît sur ce signe de qualité.

Chiffres clés de l'exploitation

  • Surface totale : 3 ha dont 1,83 ha SAU
  • Surface couverte dont en AB : 3300m² dont 1000 en BIO
  • Plateforme pépinière et ornementale : 10000 m2
  • Plein champ : 5000 m2 en reconversion BIO
  • Salariés : 3 salariés, 2.7 ETP
  • Chiffre d’affaires 2014 : 180 000 euros