Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Description

Titre du projet

Impacts des pratiques agricoles sur la biodiversité ordinaire des parcelles dans le Nord Ardennes

Etablissement

EPL Charleville Mézières

Description du projet

Le projet consiste à établir des références en matière d'environnement et les liens entre la biodiversité paysagère et celle des prairies et les pratiques agricoles.
Il implique les filières aménagement de l'EPL (BTS GPN, Bac pro GMNF) et les filières agricoles (Bac pro CGEA et BPREA) dans les matières STAE et BioEco.
Il utilise des outils déjà existants qu'il faudra adapter au territoire. L'agriculture durable est un projet du territoire soutenu par les professionnels et la région. Cela répond à des enjeux environnementaux et naturalistes en lien avec des enjeux agricoles.

Ces enjeux font partie du programme "Objectif : Terres 2020" dans son défi 3 (contribuer à la richesse de la biodiversité et des paysages) - plus particulièrement actions 10 (développer la recherche et le conseil sur les liens entre agriculture et biodiversité) et 11 (mettre en place des indicateurs de suivi de la biodiversité en milieu agricole).

Le projet présenté répond parfaitement à cela en proposant, sur des parcelles agricoles du Nord Ardennes, conduites différemment, les liens existants entre les systèmes de production, les conduites agricoles et la préservation de la biodiversité ordinaire. OBJECTIF 1: Mettre en place un suivi de la biodiversité sur l'exploitation agricole de l'EPL:
- Mobiliser l'équipe pédagogique (enseignants d'écologie, de STAE, d'agronomie)
- Appliquer des protocoles d'inventaires simples et experts.
- participer à des protocoles nationaux de suivi de la biodiversité ordinaire.
OBJECTIF 2: Mettre en place un suivi de la biodiversité sur un réseau d'exploitations du territoire.
- Etablir un réseau d'exploitations à l'aide des partenaires professionnels.
- Mettre en place avec l'équipe pédagogique des diagnostics de biodiversité paysagère.
- Mettre en place des protocoles de suivi de la biodiversité sur ces exploitations.
- Mobiliser le réseau régional des exploitations agricoles d'EPL.
OBJECTIF 3: Valoriser les suivis et diagnostics.
- Etablir des liens entre la conduite technique et la biodiversité.
- Informer les partenaires professionnels (plan de diffusion).
- Réaliser des diagnostics de biodiversité paysagère : bac pro GMNF, bac techno STAV.
- Réaliser des inventaires simples : Bac pro GMNF et CGEA, Bac STAV, BPREA.
- Réaliser des inventaires d'expertises : BTSA GPN
- Analyser la flore des prairies: Bac pro CGEA et BPREA
- Analyse de la conduite technique des prairies: Bac pro CGEA et BPREA.
- Etude et réalisation d'aménagements en faveur de la biodiversité: Bac pro GMNF et BTSA GPN.
Le projet propose une synergie entre la DEA et les enseignants des matières concernées: STAE, biologie-écologie et agronomie. L'implication des SESG et des techniques de communication est envisageable. Suivant les résultats et le nombre d'exploitations partenaires il sera possible d'établir un lien entre les pratiques agricoles et la biodiversité et d'évaluer un éventuel surcoût de la prise en compte de cette biodiversité. Il faudra valoriser l'impact des aménagements éxistants et en proposer de nouveaux. La valorisation des résultats doit permettre d'étoffer le réseau d'exploitations volontaires.

Thématique principale

Déclinaison des programmes d'actions du projet agro-écologique pour la France

Thématique secondaire

Identification

Centre constitutif concerné

LEGTPA Charleville Mézières

Adresse et numéro de téléphone de l'établissement

27, rue du Muguet 08090 Saint Laurent Tél : 03 24 57 49 26

Nom du responsable du dossier

SOUPLET Marie-Odile Directrice EPL

Fonction du responsable du dossier

Coordonnées du responsable du dossier au sein de l'équipe de direction

SOUPLET Marie-Odile Directrice EPL 27 rue du Muguet 08090 Saint Laurent Tél : 03 24 57 49 26

Nom du chargé de projet

THEBAUD Eric

Fonction du chargé de projet

IAE Bio Eco Aménagement

Coordonnées du chargé de projet

27 rue du Muguet 08090 Saint Laurent Tél : 03 24 57 49 26

Projet rédigé


Rapport

Résumé grand public

Les deux principaux objectifs de ce projet tiers-temps sont la mise en place d'un suivi de la biodiversité sur l'exploitation du lycée agricole du balcon des Ardennes et la constitution d'un réseau de parcelles appartenant à d'autres exploitations et sur lesquelles seront effectués des suivis analogues.
L'exploitation du lycée agricole possède environ 60 ha de SAU répartis en 3 ha de prairies temporaires et le reste en prairies permanentes.A cela s'ajoutent 7.5 ha d'espaces boisés ainsi que des haies. Un suivi de la biodiversité est effectué depuis 10 ans car les filières de formation du secteur aménagement sont majoritaires au LEGTA. Ce suivi n'a fait l'objet d'aucune communication. L'un des objectifs de ce projet et justement de renforcer et de valoriser ce suivi tout en impliquant davantage les enseignants et les apprenants de la filière aménagement mais aussi de la filière production.
En plus des inventaires réalisés les années précédentes (oiseaux nicheurs et hivernants, micro-mammifères, diagnostics floraux...) des protocoles proposés par l'observatoire de la biodiversité en milieu agricole doivent demarrer sur l'exploitation (suivi des lombrics, des invertébrés terrestres, des papillons rhopalocères).
Au cours d'une réunion de concertation avec les enseignants de biologie-écologie et de STAE le programme des inventaires a pu être défini afin surtout de pouvoir les valoriser. D'autres protocoles ont été conservés du fait de leur intérêt pédagogique.
Au cours de l'automne 2012 les enseignants de biologie en 2de GT et de term CGEA ont testé le protocole de suivi des lombriciens. La principale difficulté fut la maitrise du temps d'identification. Ce protocole aurait dû commencer dès le mois de janvier, mais la météo exceptionnellement froide a fortement perturbé le programme.Seules 4 parcelles ont pu être recensées essentiellement par la filière NJPF/GMNF. Il en a été de même pour le suivi des invertébrés terrestres qui n'a commencé que le 12 avril c'est à dire après une période de gelées.Les captures de micro-mammifères et le suivi hivernal des oiseaux par les BTSA ont eux aussi été impactés par la météo (surtout la neige).
Les comptages d'oiseaux chanteurs ont pu se dérouler au début du printemps. par contre le recensement des papillons sur transects (par les étudiants de BTSA GPN) n'a commencé qu'à la fin mai à cause du temps frais et humide.
Les résultats de ces premiers suivis devraient confirmer les constats des années précédentes: dans les prairies la biodiversité semble plutôt réduite à cause de la conduite intensive imposée par un quota laitier/ha élevé et une volonté de mieux valoriser les surfaces en herbe. Seul le suivi des lombriciens donne de bons résultats avec une abondance et une diversité plus élevées dans les pâtures que dans les prairies de fauche.Par contre la présence d'espaces ou de linéaires boisés a un impact très positif sur la biodiversité ordinaire que ce soit pour les oiseaux, les papillons et les micro-mammifères.
Les résultats pédagogiques sont encourageants. Le protocole lombriciens a été apprécié par les apprenants et les collègues, en particulier la collecte des vers. L'identification est plus difficile. Les autres protocoles sont aussi intéressants (sous réserve de bonnes conditions météo)mais l'interprétation des résultats n'en est qu'à ses débuts. D'une manière générale, les apprenants du secteur aménagement commencent à "s'approprier" le domaine et les parcelles cultivées et boisées de l'exploitation ce qui est encourageant.
Cet intérêt accru pour la biodiversité a permis de remonter à la surface le dossier de la valorisation et/ou de la gestion des espaces boisés et donc un plan d'aménagement sera éllaboré en prenant en compte l'aspect biodiversité en plus de l'aspect sylvicole mis en avant par le CFPPA.
L'ouverture d'une option à caractère naturaliste en 2deGT devrait renforcer le suivi et la valorisation grâce au développement de notre participation à des protocoles nationaux simples. De plus, l'adhésion à la charte de la biodiversité en Champagne-Ardenne ouvre la porte à des partenariats.
Cependant, le blocage de l'autre volet du projet, c'est à dire la mise en place d'un suivi sur un réseau de parcelles extérieure freine sa progression. Il manque en effet l'étude de l'impact d'autres pratiques agricoles surtout sur prairies mais aussi sur des cultures qui pourraient par comparaison enrichir le travail initié il y a 10 ans et intesifié depuis l'attribution du tiers temps.

Rapport

Résumé grand public

Le premier objectif du projet reste la mise en place d'un suivi de la biodiversité ordinaire sur les parcelles de l'exploitation tout en y associant la pédagogie. Le deuxième est la constitution d'un réseau de parcelles extérieures afin de comparer d'autres pratiques de conduite des prairies et surtout de démontrer leur impact sur la biodiversité.
Au cours de l'année 2013 3 protocoles de l'OAB ont été testés sur les parcelles de l'exploitation. Le suivi des lombriciens communs n'a pas apporté de résultats significatifs en partie à cause des conditions météo. L'inventaire des invertébrés terrestres sur 3 parcelles a mis en évidence le rôle des bordures boisées sur le nombre de taxons et leurs abondances. Enfin, le suivi des papillons communs n'a pas apporté de résultats tangibles sauf sur la phénologie des espèces. De plus une erreur de conduite du protocole a faussé les résultats.
En 2014 le suivi des lombrics a pu se dérouler dans des conditions favorables à partir de mars et ce sont 6 parcelles qui ont été échantillonnées. les résultats font apparaître des abondances assez élevées dans la plupart des parcelles. Le suivi des invertébrés terrestres est en cours depuis mars également sur 6 parcelles. Le suivi des papillons concerne 6 transects et il a débuté en mai. Deux paires de nichoirs à pollinisateurs ont été installés et les premiers résultats positifs ont été observés en Mai.
Des diagnostics de biodiversité paysagère ont été effectués avec les Bacs pro GMNF1. Si les linéaires boisés sont importants, il y a peu de diversité dans les fonds prairiaux sauf dans quelques zones marginales.
Parallèlement, des diagnostics floraux sont réalisés sur 9 parcelles de l'exploitation de l'EPL, et ils sont associés à des relevés botaniques. Il apparait que les graminées sont dominantes et qu'il y a assez peu de légumineuses sauf dans des zones particulières où la fertilisation est limitée comme dans un périmêtre de protection ainsi que dans les deux parcelles les plus récentes. Les autres dicotylédones sont principalement des espèces nitrophiles.
Des comptages de papillons ont débuté dans 6 parcelles et il apparait que les espèces rencontrées sont soit des espèces communes, soit des espèces liées aux écotones boisés. Il y a peu d'azurés et de cuivrés du fait de la faible abondance de légumineuses pour les premiers.
Ces résultats semblent liés à la fertilisation qui est constituée de lisier de bovin et d'ammonitrate.
Ces inventaires sur l'exploitation ont permis une implication croissante de la pédagogie dans le projet. Les apprenants (5 classes) et leurs enseignants de biologie-écologie et d'agronomie ont été très actifs pour les protocoles lombrics et invertébrés terrestres à tel point que j'envisage des transferts de compétence pour 2015. Certains élèves souhaitent même se servir de ces protocoles pour réaliser des animations nature. Il reste que la détermination des espèces en particulier des vers de terre est difficile pour les élèves.
En plus des inventaires faits sur las parcelles de l'EPL, dix parcelles de prairie sont suivies à partir du printemps 2014. Ce sont des parcelles pâturées et des parcelles de fauche. La fertilisation de ces parcelles se fait par apport de fumier et/ou d'engrais ternaire.
Les diagnostics paysagers de ces parcelles font apparaître plus de diversité avec des arbres isolés, des zones humides, des talus, des fossés... De plus les parcelles semblent plus fleuries car les graminées sont moins dominantes.
Les diagnostics floraux et les relevés botaniques confirment cette diversité avec plus de légumineuses (trèfles, vesces, lotier) et des adventices plus variées et même des espèces hydrophiles. Les résultats des inventaires de papillons sont différents surtout en qualité.
Même si tous les relevés de 2014 ne sont pas finis, les premiers résultats bruts démontrent que la fertilisation et la conduite des prairies ont un impact primordial sur la biodiversité surtout botanique et entomologique. Les éléments fixes du paysage ont plutôt un impact secondaire. Il sera sans doute intéressant d'estimer au plus près la productivité au moins pour les prairies de fauche pour mettre en évidence un éventuel antagonisme entre la biodiversité et le rendement.
La conduite assez intensive des prairies de l'exploitation de l'EPL est liée aux contraintes foncières qui resteront difficiles à surmonter. La productivité est sans doute importante quand les conditions de pousse et de récolte sont favorables et il semble économiquement difficile de renoncer à ce système.
Néanmoins, quelques modifications ponctuelles de la fertilisation (plus de P et de chaulage) et de la flore (sur-semis de légumineuses) pourraient être envisagées.
Enfin, si les élements fixes du paysage comme les haies et les lisières boisées y sont bien présents, leur manque d'entretien pourrait limiter leur pérennité d'où la nécessité de planifier cet entretien tout en adoptant des méthodes douces ce qui n'affectera pas la biodiversité.

Rapport

Résumé grand public

Ce projet a pour objet d'effectuer et de pérenniser des suivis de biodiversité sur des prairies à la fois sur des parcelles de l'exploitation de l'EPL mais aussi sur des parcelles d'autres exploitations ayant des systèmes de production différents.
Les protocoles utilisés sur l'exploitation sont surtout liés à l'observatoire Agricole de la Biodiversité. Sur les autres parcelles, il s'agit de mettre au point des inventaires plus orientés vers le milieu spécifique prairie.
Les résultats des protocoles OAB ont été saisis sur le site du muséum. Les inventaires sous les planches à invertébrés ont confirmé la grande diversité des taxons dans les prairies. Cependant, au niveau local, l'étude a été orientée de façon à rechercher le rôle du type de bordure dans 6 parcelles. Les résultats ne font apparaître aucune différence significative entre les bordures ligneuses et les bordures herbacées que ce soit pour l'abondance et la diversité spécifique.
Par contre les comptages de papillons mettent en évidence l'impact du type de bordure. En effet, les transects le long des bordures ligneuses sont plus riches en espèces et en effectifs que les bordures herbacées ce qui confirme les résultats nationaux. En fait ce protocole ne prend pas assez en compte la composition botanique des prairies et il semble plus adapté aux cultures.
Les comptages des lombriciens sur des placettes réalisés au début du printemps 2015 confirment que, quand les conditions sont favorables, les vers sont très nombreux dans les prairies. Il ne semble d'ailleurs ne pas avoir de différence notable entre celles qui reçoivent de la fertilisation organique et les autres.
Ces protocoles oAB ont été en grande partie effectués ou suivis par les apprenants des filières NJPF/GMNF et des 2GT et 2ndes pA. Le côté pratique de la collecte est assez motivant pour les apprenants. Par contre la détermination des espèces reste assez difficile pour des élèves de ces niveaux. Enfin les BTS GPN ont effectué des transects de papillons au mois de juin.

Les suivis hors protocole OAB effectués sur l'exploitation et sur d'autres parcelles ont porté sur des relevés botaniques et des comptages de papillons. Il était prévu de compter les orthoptères mais la météo de la fin d'été 2014 a été défavorable.
Les résultats démontrent clairement l'impact de l'intensification de la conduite des prairies sur leur biodiversité. Sur l'exploitation de l'EPL, la conduite intensive (ensilage, fauche précoce, fertilisation à dominante azotée et pâturage rapide avec fauche des refus) favorise les graminées et les adventices nitrophiles, tandis que dans les 2 autres systèmes plus extensifs (engrais ternaire et/ou fumier, foin), les fabacées sont plus présentes et les adventices plus variées.
Les résultats des comptages de papillons démontrent aussi une plus grande variété et des abondances plus élevées dans les parcelles "extensives", alors que dans les autres , ce sont surtout les espèces liées aux graminées qui dominent.
Ce déséquilibre semble moin,s marqué en 2ème cycle de végétation.
Une approche de calcul de rendement a été réalisée dans les parcelles récoltées en foin et il apparaît que productivité et biodiversité soient antagonistes. Par contre il n'y a pas eu d'analyse fourragère.
Du point de vue pédagogique, ces travaux ont permis d'accumuler des données et de les utiliser avec des outils statistiques et donc d'analyser les résultats afin de mettre en évidence cet impact.

Depuis le début 2015, l'exploitation de l'EPL est en restructuration grâce à l'opportunité d'un agrandissement de sa surface qui se fera en 2 temps. 2015 est une année de transition et, afin d'assurer l'autonomie fourragère de l'atelier lait, 2 parcelles de l'ancienne SAU ont été labourées et semées en maïs. De plus l'agrandissement comprend des parcelles suivies en 2014 dont une a aussi été ensemencées en maïs.
Ces 3 parcelles étaient plutôt remarquables pour leur biodiversité.
Pour 2015-2016, il est prévu d'intégrer des cultures de céréales à paille en mélanges dans le cadre de rotations longues. Les suivis de biodiversité peuvent être envisagés en particulier le protocole Auximore qui concerne l'entomofaune du sol et les auxiliaires des cultures. Il peut intéresser les apprenants de la filière production ainsi que la profession agricole.
Enfin, même si les suivis de biodiversité ne figurent pas comme objectif dans le nouveau projet d'exploitation, ils restent un bon thème transversal qui peut assurer le lien entre l'exploitation et la pédagogie des secteurs aménagement et production.