Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Description

Titre du projet

Produire autrement en agriculture biologique laitière: atteindre l'autonomie alimentaire.

Etablissement

EPL Saint Gaudens

Description du projet

La recherche d’autonomie alimentaire au sein de l’exploitation permet de réduire les couts de l’alimentation en limitant la dépendance aux achats extérieurs. Dans le cas des ruminants, la principale voie d’action consiste à utiliser plus d’herbe, notamment par le pâturage (augmenter la part des prairies dans la sole, augmenter la pratique du pâturage). L'exploitation agricole de l'EPL de St Gaudens convertie en AB depuis 2010 oeuvre dans ce sens en adaptant sa stratégie de production et en se plaçant au coeur des formations des différentes filières comme réel outil pédagogique.
Le projet d'établissement comprend 4 orientations stratégiques:
- Adapter par l'innovation nos actions éducatives et pédagogiques à chaque apprenant
- Susciter une curiosité et une ouverture vers le monde professionnel pour accompagner les apprenants (politiques publiques, réseaux, orientation)
- Ancrer l'établissement dans son territoire par des actions concrètes de développement
- Avoir une exploitation agricole en AB vitrine de l'établissement.
Ainsi, l'enjeu d'intégration et de reconnaissance de l'établissement notamment par la production de qualité sur l'exploitation agricole est une priorité. Cette qualité de produits passe par l'AB et par l'autonomie alimentaire, objectif central des formations dispensées sur l'EPL. Définir les objectifs de productions des animaux, adapter les rations et l'assolement.
Sélectionner les animaux sur leurs capacités à valoriser les fourrages (programme d'absorption de la P'H par la montbéliarde).
Optimiser l'utilisation du pâturage tournant:
- adapter la surface aux besoins des animaux
- définir la rotation des animaux sur les parcs (durée de présence et enchaînement)
- définir et organiser le travail des vachers
- mise en place de points d'eau dans les différents parcs
- implanter des haies et des arbres
- refaire les chemins d'accès aux parcs
- développer les prairies à base de légumineuses
- mise en place d'un outil d'enregistrement et de suivi du pâturage tournant.
Optimiser les rendements et la qualité des prairies:
- choix des espèces (expérimentations)
- suivi des cultures (fertilisation, entretien)
- assurer la récolte de fourrages de qualité (enrubannage et/ou ensilage puis séchage en grange en lien avec le projet de bâtiment VL)
- analyse des fourrages pour définir la valeur alimentaire
- sécuriser la production de fumier (achat de paille et de fumier)
Analyser le système et diffuser les résultats

Partenaires: CREAB, ARPEB, Chambre d'Agriculture 31, DADR, organismes d'appui technique, coopératives agricoles et fournisseurs, Conseil Régional, UPRA Ovine, COPYC,

Mise en place d'un suivi de cultures cohérent avec les productions animales de l'exploitation par les apprenants
Implication des élèves de Bac Pro CGEA sur:
- implication dans la réflexion sur le pâturage tournant
- la définition et réalisation des rations,
- le suivi des cultures (fiches, enregistrement des données)
- la réalisation du bilan fourrager
- l'analyse des résultats technico-économiques
Implication des élèves de Bac Pro SAPAT et Conseil-Vente en produits alimentaires pour communiquer sur l'image d'une alimentation de qualité à base d'herbe pour valoriser les produits issus de l'exploitation.
Implication des BTSA PA par apprentissage sur la réflexion du projet et son adaptation.

L'exploitation agricole de l'EPL doit être le support principal des enseignements techniques.

Thématique principale

Agriculture et agro-écologie

Thématique secondaire

Déclinaison des programmes d'actions du projet agro-écologique pour la France

Identification

Centre constitutif concerné

Exploitation agricole de St Médard St Gaudens

Adresse et numéro de téléphone de l'établissement

16 rue Olivier de Serres BP 219 31806 ST GAUDENS

Nom du responsable du dossier

M. Thierry FORCE

Fonction du responsable du dossier

Coordonnées du responsable du dossier au sein de l'équipe de direction

M Adrien BAILLIET, DEA 06-86-40-80-77 Exploitation Agricole de St Médard, Borde Basse, 31360 St MEDARD estelle.le-quinio@educagri.fr

Nom du chargé de projet

Mme DESNOUHES Christèle et M. CAZEDEBAT Thierry

Fonction du chargé de projet

Enseignante technique et coordinatrice pédagogique/ enseignant agronomie/zootechnie

Coordonnées du chargé de projet

EPLEFPA de St Gaudens 16 rue Olivier de Serres BP 219 31800 St GAUDENS christele.desnouhes@educagri.fr 05-61-94-55-00

Déclaration d'intention


Rapport

Résumé grand public

Autonomie alimentaire en Agriculture Biologique

L'exploitation de l'EPLEFPA (Etablissement Public Local d'Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole) de Saint Gaudens dispose de 152 ha de SAU, un troupeau d'une soixantaine de vaches laitières avec transformation d'une partie de la production et vente directe des produits laitiers ainsi que 250 brebis Tarasconnaises pour la production d'agneaux sous label rouge.
Depuis 2010, nous avons converti le troupeau des vaches laitières et la quasi totalité de la SAU en Agriculture Biologique afin de répondre à la demande d'une coopérative laitière et pour pallier à la baisse du prix du lait en agriculture conventionnelle. Ainsi, l'exploitation est devenue la première exploitation laitière AB des EPL de la région Midi-Pyrénées.

Cette conversion permet de:
- former les apprenants à un modèle de conduite en polyculture élevage en AB tant sur le plan technique que économique,
- répondre à une volonté nationale d'augmenter les surfaces en AB (objectif 2017),
- susciter de l’intérêt pour la filière biologique et soutenir cette dernière sur le territoire

Une exploitation d'EPL doit être un "modèle" de l'agriculture territoriale en dégageant des résultats technico-économiques cohérents et viables. De ce fait, la gestion des charges alimentaires est incontournable pour la rentabilité d'une exploitation.

Deux leviers ont été identifiés :
- Maximiser la part d’herbe dans la ration.
Cette matière première permet de répondre aux exigences physiologiques des animaux (herbivores), ainsi qu'à leur bien-être (pâturage) tout en diminuant les charges alimentaires (réduction des achats extérieurs donc des transports, stockage de carbone dans les sols des prairies et demande moindre en intrants). De plus, dans le cadre de la vente directe, les consommateurs sont attentifs au bien-être des animaux comme à l’alimentation de ces derniers, qui influence le profil d’acides gras du lait produit.
Nous avons mis en place un PTD (Pâturage Tournant Dynamique), un système technique performant qui permet d'utiliser et de valoriser cette ressource naturelle. En faisant pâturer les vaches sur des parcelles plus petites mais en changeant plus vite de parcelle, les laitières gaspillent moins d’herbe et le temps de repos des pâtures est allongé : l’herbe repousse mieux et la vie du sol se développe.
L’hiver, les bêtes doivent consommer des fourrages conservés, secs, comme le foin, ou humides, comme l’ensilage. La prochaine étape sera donc de travailler sur la récolte de fourrages de qualité.

- Travailler la fertilité des sols.
Ce n’est pas le tout d’avoir de l’herbe et des fourrages. Nos vaches, comme nos brebis, ont aussi besoin de manger des céréales pour produire du lait. Or la qualité et la quantité de céréales produites dépend de la fertilité des terres. Ces dernières doivent être nourries à l’aide d’engrais.
Seuls les engrais organiques sont autorisés en agriculture biologique car les engrais minéraux demandent beaucoup d’énergie à produire et exploitent des gisements fossiles (phosphore). Nous utilisons donc notre fumier, composté, mais nous n’en avons pas assez pour la totalité de nos terres. De plus, le compost n’apporte pas assez d’azote aux plantes qui en sont très friandes. Nous sommes donc attentifs, lorsque cela est possible, à implanter ces cultures à la suite de plantes de la famille des Fabacées, qui sont capables de piéger l’azote de l’air vers le sol. Lorsque cela n’était pas possible, nous avons essayé cette année d’utiliser des fientes de volailles, un amendement riche en azote.
La matière organique rend les nutriments du sol accessibles aux racines des plantes. L’enrichissement d’un sol en matière organique peut prendre des décennies, voire des siècles. Pour améliorer le taux de matière organique du sol, il faut lui apporter des engrais organiques comme du compost ou des débris végétaux. Pour cela, il est possible de cultiver une plante, un engrais vert, qui va pousser et absorber les éléments du sol, puis de la détruire en la laissant en surface avant d’implanter la culture qui sera récoltée. La prochaine étape est donc d’insérer des cultures pouvant apporter des résidus végétaux entre les cultures récoltées.

Avec ce projet, l'exploitation de l'EPL s'inscrit dans la démarche "Développement Durable" portée depuis plusieurs années par l'établissement en répondant aux 3 piliers:
- pilier environnemental: prairies avec semences adaptées au potentiel des sols, biodiversité prairiale,...
- pilier social: prise en compte des besoins des consommateurs, production de produits sains,...
- pilier économique: un outil de production rentable en valorisant l'herbe produite sur l'exploitation.

Enfin, à travers ce projet, l'équipe pédagogique peut répondre à la loi d'avenir sur l'Agro-écologie et sur la volonté d'"enseigner à produire autrement" et initier les apprenants à des changements de pratiques respectueuses de l'environnement.


Rapport

Résumé grand public

Autonomie alimentaire en Agriculture Biologique

L'exploitation de l'EPLEFPA (Etablissement Public Local d'Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole) de Saint Gaudens dispose de 160 ha de SAU, un troupeau de 55 vaches laitières avec transformation d'une partie de la production et vente directe des produits laitiers ainsi que 220 brebis Tarasconnaises pour la production d'agneaux sous label rouge.
Depuis 2010, nous avons converti le troupeau des vaches laitières et la quasi totalité de la SAU en Agriculture Biologique afin de répondre à la demande d'une coopérative laitière et pour pallier à la baisse du prix du lait en agriculture conventionnelle. Ainsi, l'exploitation est devenue la première exploitation laitière AB des EPL de la région Midi-Pyrénées.

Cette conversion permet de:
- former les apprenants à un modèle de conduite en polyculture élevage en AB tant sur le plan technique que économique,
- répondre à une volonté nationale d'augmenter les surfaces en AB (objectif 2017),
- susciter de l’intérêt pour la filière biologique et soutenir cette dernière sur le territoire

Une exploitation d'EPL doit être un "modèle" de l'agriculture territoriale en dégageant des résultats technico-économiques cohérents et viables. De ce fait, la gestion des charges alimentaires est incontournable pour la rentabilité d'une exploitation.

Deux leviers ont été identifiés :
- Maximiser la part d’herbe dans la ration.
Cette matière première permet de répondre aux exigences physiologiques des animaux (herbivores), ainsi qu'à leur bien-être (pâturage) tout en diminuant les charges alimentaires (réduction des achats extérieurs donc des transports, stockage de carbone dans les sols des prairies et demande moindre en intrants). De plus, dans le cadre de la vente directe, les consommateurs sont attentifs au bien-être des animaux comme à l’alimentation de ces derniers, qui influence le profil d’acides gras du lait produit.
La mise en place du PTD (Pâturage Tournant Dynamique)depuis 2015, système technique performant, permet d'utiliser et de valoriser cette ressource naturelle. En faisant pâturer les vaches sur des parcelles plus petites mais en changeant plus vite de parcelle, les laitières gaspillent moins d’herbe et le temps de repos des pâtures est allongé : l’herbe repousse mieux et la vie du sol se développe.
L’hiver, les bêtes doivent consommer des fourrages conservés, secs, comme le foin, ou humides, comme l’ensilage. Il faut donc, en parallèle, travailler sur la récolte de fourrages de qualité.

- Travailler la fertilité des sols.
Ce n’est pas le tout d’avoir de l’herbe et des fourrages. Nos vaches, comme nos brebis, ont aussi besoin de manger des céréales pour produire du lait. Or la qualité et la quantité de céréales produites dépend de la fertilité des terres. Ces dernières doivent être nourries à l’aide d’engrais.
Seuls les engrais organiques sont autorisés en agriculture biologique car les engrais minéraux demandent beaucoup d’énergie à produire et exploitent des gisements fossiles (phosphore). Nous utilisons donc notre fumier, composté, mais nous n’en avons pas assez pour la totalité de nos terres. De plus, le compost n’apporte pas assez d’azote aux plantes qui en sont très friandes. Nous sommes donc attentifs, lorsque cela est possible, à implanter ces cultures à la suite de plantes de la famille des Fabacées, qui sont capables de piéger l’azote de l’air vers le sol. Lorsque cela n’est pas possible, nous utilison des fientes de volailles, un amendement riche en azote.
La matière organique rend les nutriments du sol accessibles aux racines des plantes. L’enrichissement d’un sol en matière organique peut prendre des décennies, voire des siècles. Pour améliorer le taux de matière organique du sol, il faut lui apporter des engrais organiques comme du compost ou des débris végétaux. Pour cela, il est possible de cultiver une plante, un engrais vert, qui va pousser et absorber les éléments du sol, puis de la détruire en la laissant en surface avant d’implanter la culture qui sera récoltée. La prochaine étape est donc d’insérer des cultures pouvant apporter des résidus végétaux entre les cultures récoltées.

Avec ce projet, l'exploitation de l'EPL s'inscrit dans la démarche "Développement Durable" portée depuis plusieurs années par l'établissement en répondant aux 3 piliers:
- pilier environnemental: prairies avec semences adaptées au potentiel des sols, biodiversité prairiale,...
- pilier social: prise en compte des besoins des consommateurs, production de produits sains,...
- pilier économique: un outil de production rentable en valorisant l'herbe produite sur l'exploitation.

Enfin, à travers ce projet, l'équipe pédagogique peut répondre à la loi d'avenir sur l'Agro-écologie et sur la volonté d'"enseigner à produire autrement" et initier les apprenants à des changements de pratiques respectueuses de l'environnement.

Rapport

Résumé grand public

Produire autrement en agriculture biologique pour atteindre l'autonomie alimentaire: vers un système agroécologique économe, autonome et efficient.



Cet objectif peut être atteint en travaillant sur différents postes simultanément:




  • la production fourragère en intensifiant le volet écologique:



- améliorer la fertilité des sols pour augmenter le rendement en matière sèche à l'hectare



- implanter des couverts végétaux, faire des doubles cultures et des associations botaniques



- implanter des haies, des arbres pour développer l'agroforesterie et améliorer le bien être animal au période de pâturage.




  • l'énergie: limiter les processus de production énergivores



- simplification techniques culturales (TCS - SDCV)



- consommation des aliments produits sur l'exploitation pour les animaux



- mise en place d'un séchage en grange solaire




  • les concentrés: UF - MAT et fertilisants



- ne plus être acheter d'intrants



- favoriser la production de légumineuses et de méteil



- optimiser le pâturage tournant dynamique



- produire des concentrés de production fermiers



- améliorer la valeur fertilisante des effluents



L'exploitation de l'EPLEFPA de Saint Gaudens dispose de bon nombre d'élements pour aller dans ce sens. Le travail mené depuis 3 ans commence à porter ses fruits.



Il doit être intensifié en recherchant une adéquation parfaite entre le potentiel des terres, les fourrages adaptés et les besoins des animaux.



C'est pourquoi, nous avons fait le choix de maximiser la part d'herbe dans la ration et d'améliorer les rendements fourragers en travaillant sur la capacité fertilisante des sols.



En effet, l'herbe permet de répondre aux exigences physiologiques des animaux élevés sur notre exploitation. Vaches et brebis sont des herbivores. De plus, en favorisant le pâturage, nous veillons au bien être animal et à l'image de l'agriculture. Enfin, nous diminuons les charges alimentaires, poste très coûteux.



La mise en place du PTD (Pâturage Tournant Dynamique) depuis 2015, système technique performant, permet d'utiliser et de valoriser cette ressource naturelle. Le principe est de faire pâturer les vaches sur des paddocks de 0,5 à 0,75 ha (petites parcelles) pas longtemps. Ainsi, les animaux gaspillent moins d'herbe. Le temps de repos des pâtures est respecté pour favoriser la repousse. La vie du sol se développe et elle est respectée dans le sens où elle n'est pas perturbée par un travail mécanique. La matière organique est amenée directement par les bouses rejettées lors du pâturage.



En parallèle, nous recherchons à optimiser la fertilité des sols tout en préservant la biodiversité.



En effet, l'hiver, les animaux doivent consommer des fourrages conservés secs, comme le foin, ou humides, comme l'enrubannage ou l'ensilage. Il faut donc récolter des fourrages de qualité c'est à dire avec de bonnes valeurs alimentaires pour satisfaire les besoins des vaches et des brebis de l'exploitation.



Ces derniers doivent aussi consommer des céréales pour produire du lait. La qualité et la quantité de céréales produites dépendent de la fertilité des sols.



Depuis de nombreuses années, nous apportons du compost sur les terres mais les rendements n'étaient pas optimum. C'est pourquoi, nous avons souhaité entamer une réflexion de fond sur la connaissance des sols, leur évolution et les relations sols/plantes/animaux pour adapter: le choix des cultures, la rotation, les méthodes de semis.



 



Cette réflexion menée depuis 3 ans maintenant est un atout pour les apprenants de l'EPL qui disposent "sur place" d'un système de production innovant et qui, petit à petit, devient autonome et performant.



Cette orientation permet de répondre aux 3 pilliers forts de la durabilité:



- pillier environnemental: adéquation sols/climat/cultures/animaux



- pillier social: produire en respectant l'environnement (image de l'agriculture pour les consommateurs)



- pillier économique: système de production rentable.



Enfin, la loi d'avenir sur l'agroécologie et sur la volonté d'enseigner à produire autrement a toute sa place sur l'exploitation de l'EPL de Saint Gaudens.