Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Description

Titre du projet

Plate-forme de démonstration/diffusion pour une viticulture agro-écologique en Costières de Nîmes

Etablissement

EPL Nîmes

Description du projet

Dans un contexte de diminution des intrants en agriculture, les vignerons des Costières de Nîmes sont préoccupés par la durabilité de leur activité et le besoin de trouver des solutions techniques permettant de réduire l'usage des intrants (performance environnementale) tout en maintenant une production de quantité et qualité suffisantes (performance économique), et une qualité de vie satisfaisante (santé, organisation, liens sociaux). Dans ce contexte, le plan pour la transition agro-écologique de la France et ses déclinaisons thématiques et régionales ont élaboré un cadre de travail qui vise notamment à « mobiliser les exploitations agricoles des établissements d'enseignements agricole pour en faire des modèles d'expérimentation et de démonstration pour l’agriculture environnante ».
Avec ce projet l'EPL Nîmes Rodilhan entend relever le défi de se positionner comme un acteur majeur du territoire au côté de partenaires de la recherche et du développement avec la mise en place d'une plate-forme de démonstration de techniques faiblement consommatrices d'intrants grâce à laquelle les exploitants du territoire pourront s'approprier les pratiques agro-écologiques et qui permettra à la communauté enseignante de valoriser et diffuser les connaissances construites.
Pour relever ce défi, l'EPL développera son projet autour de 3 axes :
- Axe 1 : Test et démonstration en conditions réelles de production de plusieurs scenarii de réduction ou suppression de l'usage des herbicides.
Cet axe s'inscrit à la fois dans le plan Ecophyto et dans le plan Ambition bio 2017. Il répond : au besoin de mise en place de sites d'essai à taille réelle et de démonstration, et aux attentes de la profession en termes de préconisations techniques durables. Il s'agira de co-construire avec les partenaires, les apprenants et les enseignants, plusieurs protocoles expérimentaux permettant de tester différentes modalités (parmi les modalités pressenties : usages de feutres de couverture, tonte sous le rang, utilisation de couverts végétaux), de mettre en place des dispositifs de suivi de ces essais, et de valoriser cette expérience auprès de la filière.
- Axe 2 : Test et démonstration en conditions réelles de production de réduction des produits phytosanitaires par l'utilisation de variétés résistantes.
Cet axe s'inscrit dans le plan Ecophyto. Il s'agira de conduire une parcelle plantée de cépages résistants et d'organiser autour de celle-ci un dispositif de suivi, d'envisager des expérimentations complémentaires pour les maladies cryptogamiques restants préoccupantes (comme le Black rot) et d'envisager également la vinification et la valorisation de ces cépages.
- Axe 3 : Veille technique sur les pratiques durables et les innovations.
Avec le plan Ambition Bio 2017 et l'engagement progressif du Domaine en viticulture biologique, les sujets techniques d'intérêts sont nombreux tant en viticulture qu'en œnologie (entre autre la réduction des sulfites). Cet axe permettra d'organiser une concertation entre les partenaires du projet pour impulser de nouvelles actions à vocation expérimentale et démonstrative, et plus globalement d'envisager la pérennisation du partenariat au-delà du dispositif tiers-temps. Un partenaire présenti serait la société Nomacorc, leader mondial des obturateurs synthétiques, installée sur le site de Rodilhan.
A travers ces 3 axes, l'EPL entend s'appuyer sur la formation et la démonstration pour apporter aux vignerons des solutions techniques pour une viticulture agro-écologique et permettre une appropriation de nouvelles pratiques sur l'ensemble du territoire.

Thématique principale

Déclinaison des programmes d'actions du projet agro-écologique pour la France

Thématique secondaire

Viticulture et oenologie

Identification

Centre constitutif concerné

Exploitation viticole de Nîmes

Adresse et numéro de téléphone de l'établissement

EPLEFPA Marie Durand 30230 Rodilhan

Nom du responsable du dossier

Jean-Marc Olivier

Fonction du responsable du dossier

DEA

Coordonnées du responsable du dossier au sein de l'équipe de direction

jean-marc.olivier@educagri.fr 0619890301

Nom du chargé de projet

Carole Bout

Fonction du chargé de projet

Enseignante viti-oeno

Coordonnées du chargé de projet

carole.bout@educagri.fr jean-louis.branger@educagri.fr

Déclaration d'intention


Rapport

Résumé grand public

Dans un contexte sociétal, environnemental et réglementaire de plus en plus tendu, l’utilisation des produits phytosanitaires sur la vigne risque de devenir rapidement problématique.



Les cépages résistants à l’Oïdium et au Mildiou constituent une piste prometteuse pour une viticulture durable. Leur utilisation permettrait en effet de réduire de plus de 75 % les quantités de pesticides employés.Issues de croisements sexués multiples entre Vitis Vinifera, amenant les qualités organoleptiques, et d’espèces de vignes sauvages, apportant les gènes de résistance aux maladies, les nouvelles variétés suscitent la curiosité des vignerons.



Très peu de choses sont connues sur ces cépages qui n’ont pour la plupart, jamais encore été cultivés en conditions réelles de production dans notre région. En 2016, le Domaine de Donadille s’est engagé à expérimenter deux d’entre eux  sur un hectare:




  • une obtention Italienne de l’institut de génomique d’Udine (Soréli Blanc),

  • une obtention issue du programme Resdur de l’INRA (IJ 58  Noir).



Evaluer la pérennité des résistances au Mildiou et à l’Oïdium et observer le comportement des nouvelles variétés face aux autres parasites (Black Rot en particulier) constituent les axes majeurs de cet essai. Il se prolongera par l’étude de la vinification et de la valorisation de ces nouvelles variétés.



Implanté dans de bonnes conditions sur un précédent luzerne, et surtout avec l'aide de l'irrigation, ces plantiers ont acquis une vigueur suffisante pour être montés la première année. Une petite production est donc attendue en 2ème feuille (Septembre 2017).



Les toutes premières observations de l'été et de l'automne 2016 ont révélé quelques surprises:

- la résistance de Soreli à l'Oïdium, est loin d'être complète.

- le black rot s'installe facilement sur les deux cépages, avec une prédilection pour Resdur IJ58.



Dans notre contexte, ces variétés seront précoces, mais un peu moins que le Chardonnay.



Soreli semble présenter une fertilité importante. Nous avons aussi relevé sur ses feuilles, sarments, vrilles et grappes des symptomes que personne ne sait interpréter.



 



 



Souvent en hiver et au début du printemps, le vignoble de la Costière prend un aspect lunaire, suite à l'utilisation généralisée d'herbicides. Les vignes  restent  nues pendant plusieurs mois, exposées aux intempéries qui déstructurent le sol en surface, privée de vie la fertilité biologique du sol s’en ressent.



Pour obtenir une vigne propre les viticulteurs utilisent des herbicides qui ne sont pas sans effets sur l’environnement. L’entretien du sol est facilité, l’organisation du travail simplifiée, ce qui se traduit par un gain économique certain.



Mais…



La panoplie d’herbicides se réduit d’année en année (par exemple interdiction en 2016 de L’Aminotriazole).



Certaines adventices deviennent résistantes (érigéron en particulier).



L’infiltration de l’eau est réduite, le ruissellement important, même si l'érosion n'est pas trés marquée.



Les molécules ou leurs métabolites se trouvent entrainés et disséminés dans l’environnement.



Au Lycée Marie Durand, on essaie de sortir de ce cercle vicieux, en implantant un couvert végétal avant l’hiver : des mélanges de plusieurs espèces (jusqu’à 10), où chacune assure une fonction utile pour la fertilité du sol (les légumineuses fixent l’azote atmosphérique, les espèces pivotantes fractionnent le sol en profondeur, etc …)



Au début du printemps le couvert végétal sera détruit pour préserver les réserves hydriques: le sol a été protégé pendant l’hiver, travaillé par les racines et surtout nourri. L'apport de matière organique peut s'élever à plusieurs tonnes par hectare et les légumineuses peuvent fournir jusqu'à 30 unités d'azote. Cet engrais vert stimule la vie dans le sol, car la biomasse microbienne et la microfaune représentent par hectare l’équivalent de quatre vaches qu’il faut bien alimenter !



Au delà du coté esthétique,  une multitude d’insectes tirent profit de cette implantation, le couvert végétal fourmille de vie, les butineuses s’affèrent sur les plantes mellifères.



Ainsi en 2017, quatre associations de plantes ont été testées  pour déterminer laquelle rend les meilleurs  services à la vigne. L’objectif à terme serait de se passer totalement des herbicides, sans  pour autant pénaliser la rentabilité du vignoble. 



Cependant ces changements de pratiques se heurtent à de nombreuses difficultés, en effet le désherbage chimique s’insère beaucoup mieux dans le calendrier de travail, bien qu’il puisse être gêné par le vent.



L’abandon des herbicides est venu nous rappeler deux règles essentielles de la viticulture :




  • toute intervention doit préparer celle qui va lui succéder.

  • il ne faut jamais remettre au lendemain, ce que l’on peut faire le jour même.



Ces deux principes sont d’autant mieux respectés quand ce sont les mêmes personnes qui réalisent les opérations. A défaut, tout retard se paye cash! Tout s’enchaîne, car les adventices ne connaissent pas de répit. Le succés  se résume en 2 mots: anticiper sans procrastiner!





Rapport

Résumé grand public

Sur le plan technique, 3 essais ont été développés.



L’essai à l’origine intitulé « permaviticulture » qui est un test de maîtrise de l’enherbement sous le rang à l’aide de feutres présente de bons résultats en terme d’efficacité mais la mise en œuvre ne semble pas adaptée aux conditions climatiques locales pour envisager de disséminer cette technique. De nouveaux tests avec des solutions différentes sont à envisager.



L’essai cépages résistants montre pour l’instant de bons résultats tant en terme de réduction de l’usage d’intrants phytosanitaires qu’en terme commercial grâce au succès de la vente lors de la foir aux vins. Les échanges avec les partenaires confirment l’intérêt de s’être inscrit dans ce type d’essais. L’enjeu à présent est de pérenniser l’activité de suivi de ces cépages, de renouveler les cuvées et de permettre un travail collaboratif avec l’IFV sur ces cuvées.



L’essai enherbement est encore jeune pour montrer un véritable impact sur les sols et la biodiversité même s’il est appréciable sur un plan visuel. Du point de vue technique, le principal frein à ces pratiques reste le matériel pour le semis (prêt possible mais sans maîtrise réelle des dates) et la destruction du couvert (girobroyage possible mais pas de matériel de roulage disponible). Les enjeux de cet essai sont : la pérennisation de l’action de manière rigoureuse pour permettre l’acquisition de données et l’adaptation du matériel.



Un projet Feader a été développé dans le cadre du tiers -temps. Ce projet présente un intérêt à la fois technique et pédagogique mais il n’est pas directement dans la thématique du projet tiers-temps.



Sur le plan pédagogique, le projet a permis de contextualiser de nombreuses séances pédagogiques sur les thématiques de l’agro-écologie, d’associer des enseignants de diverses disciplines et de créer un nouveau module d’enseignement (MAP agro-écologie). L’enjeu est de développer encore ces actions et de les inscrire durablement dans les plannings pédagogiques



Sur le plan de la dynamique de l’EPL et partenariale, le projet a permis de rapprocher quelques enseignants du projet d’exploitation, de concrétiser des collaborations plus régulières avec notre partenaire et voisin qu’est l’IFV, et de développer les relations avec le réseau des EPL engagés dans des démarches similaires (tiers-temps et référents à « Enseigner à produire autrement »). L’enjeu est de poursuivre la conquête d’autres enseignants via ce projet, de développer les actions et de les pérenniser au-delà de la durée du tiers-temps.



Sur le plan financier, le tiers-temps a pour l’instant eu un impact très limité.