Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Sabres : Au clair contre les adventices

Février 2018 - Jean-Marie Morin, Bertrand Minaud, animateurs Réso’them de l’enseignement agricole.

 

Maitriser les adventices en agriculture biologique reste toujours un défi, surtout sur les fermes sans fourrages pluri-annuels. Le site de Sabres, une des deux exploitations de l’EPLEFPA des Landes est en bio depuis 2009. La charrue a disparu depuis plus de dix ans, mais le challenge de cultures annuelles pour l’alimentation humaine et animale, sans trop d’adventices est difficile à tenir ! Le semis sous couvert vivant peut apporter des réponses techniques mais il permet aussi de remettre l’ensemble des équipes pédagogiques dans la réflexion et de travailler avec de nouveaux partenaires grâce à une communication, elle, bien maitrisée.

Une technique encore jeune

Valérie Savary, directrice de l’exploitation pose le décor d’emblée : « Depuis quelques années, nous constatons qu’après chaque faux semis ou désherbage mécanique la levée des adventices est importante. Lassés de ce constat nous avons cherché de nouvelles techniques pour venir à bout de l’enherbement de nos parcelles, conduites en agriculture biologique. L’exploitation étant conduite sans labour depuis près de dix ans nous avons souhaité aller plus loin sur une parcelle expérimentale en pratiquant du semis direct sous couvert végétal. » 

 

En effet, les bénéfices de cette technique sont nombreux puisqu’elle permet de :

·       Limiter l’érosion des sols et le lessivage des éléments fertilisants,

·       Enrichir le sol en matière organique,

·       Limiter l’évaporation de l’eau du sol,

·       Limiter le développement des adventices (par manque de lumière). 

 

Le projet est bâti sur la base de la rotation existante (soja – maïs – pois d’hiver – triticale – tournesol), les cultures de printemps seront semées durant trois ans en semis direct sous couvert végétal. Aucune action venant bouleverser la structure du sol ne sera réalisée (ni en travail du sol, ni en désherbage mécanique). 

 

Un an après le démarrage du projet, beaucoup de choses restent à caler : les couverts se sont peu ou trop développés, des plantes non semées sont apparues (trèfle). Le tournesol est par endroits bien fourni mais il reste épars dans certaines zones. Le semis direct sous couvert végétal doit être adapté au contexte pédo-climatique local. « De plus », précise Valérie, « de nombreux incidents extérieurs ont pénalisé la mise en place et le suivi des cultures : matériel inadapté, délais de livraison…. Autant de points à travailler pour les semis du printemps 2018 avec les élèves. » 

Calendrier du projet:

  • courant été 2016 : récolte du triticale et semis d'un couvert gélif
  • automne 2016 : semis d'un couvert d'hiver puis roulage du couvert d'été et apport de compost de l'exploitation
  • printemps 2017 : semis du tournesol puis destruction du couvert par roulage et/ou broyage
  • automne 2017 : récolte du tournesol et semis d'un couvert
  • printemps 2018 : semis du soja puis destruction du couvert par roulage et/ou broyage
  • automne 2018 : récolte du soja et semis d'un couvert et apport de compost de l'exploitation
  • printemps 2019 : semis du maïs puis destruction du couvert par roulage et/ou broyage

L’implication pédagogique de l’EPL

Bien que l’exploitation soit à quatre kilomètres du lycée, les élèves, étudiants et stagiaires de l’EPLEFPA des Landes participent dans la mesure du possible à l’adaptation du matériel, la réalisation de l’itinéraire technique et aux suivis de culture. Sont prévus : des suivis agronomiques (réalisation de fosses pédologiques, analyses de sols, méthode MERCI et Vigiflore), techniques (rendements, temps de travaux, coût de mécanisation et marges) et de biodiversité (vers de terre, limace, pH et teneur en nitrates de la solution du sol).

Les classes de Bac pro GMNF réalisent ces opérations pour la biodiversité, les BTS GEMEAU pour les études de sorties de drains (évaluation du lessivage des éléments minéraux) et les BTS APV pour le suivi agronomique.

 

Tiphaine Audic, formatrice au CFPPA confirme : « Les stagiaires adultes en formation ouvrier agricole polyvalent assurent le comptage d’adventices en appliquant la méthode Vigiflore que nous avons simplifiée. »

 

La vocation machinisme du site de Mugron a permis de travailler sur des innovations techniques, notamment pour l’adaptation du semoir de couverts végétaux. Par ailleurs, l’exploitation teste le Roll n Sem, outil conçu par une entreprise du Lot-et-Garonne pour la destruction des couverts en plein (type rouleau Faka) ou en inter-rangs.

Communiquer, pas toujours facile mais base des bons partenariats

Le site internet du projet permet à chacun de suivre toutes les étapes et une vidéo capitalisera le projet dans son ensemble. Des journées de visites de la parcelle permettent de discuter du projet avec les nombreux partenaires professionnels : Chambre d’agriculture, CIVAM bio, FD CUMA, ALPAD (association landaise pour une agriculture durable), MaïsAdour qui a deux techniciens bio sur le secteur. L’exploitation participe au réseau Dephy et travaille avec un voisin qui a démarré une conversion bio partielle. Francoise Henry, chargée de mission pour le suivi des exploitations de l’enseignement agricole à la DRAAF Nouvelle Aquitaine confirme cette implication : « Une journée organisée dans le cadre du VIVEA a eu lieu le 13 octobre sur la ferme. Le 10 Novembre, une journée sur les techniques bios transposables en agriculture conventionnelle a porté sur les couverts végétaux ; elle était organisée par la chambre d’agriculture avec l’appui des étudiants de l’établissement. La ferme avait implanté 12 couverts différents en placettes de 1m2. »

Vivre avec les adventices en système de cultures bios, c’est aussi tout un programme !

(photo datura)

Contacts utiles

Chiffres clés de l'exploitation

  • Surface totale : 70 ha en agriculture biologique
  • 55 ha de cultures irriguées - 13 ha de parcours pour les volailles - 1 ha de pins
  • 60 000 poulets bio par an (6 bandes) - 2 bâtiments fixes de 400 m² et 13 bâtiments mobiles de 60 m²
  • 2,5 salariés pour 1,5 équivalent temps-plein et 1 directrice d’exploitation
  • Adhérente à la coopérative Maïsadour pour l’ensemble des activités
MAAF - DGER - SDRICI - BDAPI

1 ter avenue de Lowendal, 75700 Paris 07 SP