Projet d'animation et de développement des territoires des établissements publics de l'enseignement agricole

Aix en Provence : l'expérimentation pour s'adapter aux changements

Janvier 2018 - Jean-Marie Morin et Emmanuelle Zanchi, animateurs Reso’them de l’enseignement agricole

Les 72 ha de la ferme du lyéce d’Aix en Provence à Gardanne voisinent avec les zones industrielles et les habitations. A tel point que l’établissement est porteur d’un projet d’agriculture urbaine. Mais la région est aussi la première en surface d’agriculture biologique (plus de 20% de la SAU). Attentive aux demandes du territoire, la ferme intègre toutes ces entrées et expérimente chaque fois que c’est possible. Voici quelques exemples d’innovations conduites par Serge Banet, le directeur de l’exploitation et Michel Nevière, enseignant d’agronomie chargé d’expérimentation sur l’établissement.

Compost : Un exemple d’économie circulaire

Les déchets verts du territoire sont triés par Véolia : Ceux supérieurs à 4 cm de diamètre sont envoyés à la centrale de biomasse de Gardanne. La ferme récupère le reste et teste deux modalités d’épandage. L’utilisation en vert, à forte dose (environ 150t/ha) sur vigne ou maïs sous forme de mulch vise à tester la diminution de l’évapotranspiration (évaluée à environ 20%). L’utilisation en compost à dose agronomique (10t/ha) en mélange avec du fumier de centre équestre (projet) sur vigne permet de tester les mêmes types d’effet mais également la fertilisation. Des impacts sur le rendement sont déjà visibles en deuxième année. Ces déchets verts, livrés par Veolia, compostent sur place sans retournement pour limiter le travail et les coûts de mécanisation. Une modalité de compostage avec apport d’eau a également été testée.

L'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, partenaire financier de ce projet, est intéressée par l'apport au sol de ces matières organiques pour leurs effets sur la gestion quantitative et qualitative de l'eau.

Le travail a fédéré un groupe d’agriculteurs désireux d’enrichir leurs sols en matière organique, le travail mené a été labellisé dans le cadre du dispositif GIEE.

            

Tester les bénéfices des couverts végétaux

Pour limiter l’érosion, améliorer la nutrition des plantes et concurrencer les adventices, l’implantation de couverts végétaux avant, après ou pendant la culture principale est de plus en plus évoquée comme pratique agro-écologique, d’autant plus si l’on peut se passer d’herbicides. Dans le cadre d’un PEI (Partenariat Européen pour l’Innovation) en partenariat avec Agribio 04, la ferme a mis en place des essais de différents couverts semés en même temps que le blé dur. Ces essais sont suivis par Michel Nevière et ses élèves de BTS APV. Le premier inclut un semis de féveroles tous les 2 rangs qui sera détruit mécaniquement à une hauteur d’environ 30 cm pour ne pas concurrencer le blé dur. Le risque est de laisser des plants de féverole monter à graines et polluer la récolte de blé dur avec des grains cassés, indésirables pour les fabricants de semoule et de pâtes.

D’autres essais consistent en couverts d’ers (Vicia ervillia) et de gesse (Lathyrus sativus), fabacées du bassin méditerranéen. Ils ne seront pas détruits car a priori peu concurrentiels de la culture et de moindre développement que la féverole. Le risque est quand même présent pour la gesse qui émet des vrilles et peut s’accrocher aux tiges de blé dur.

Le réseau Dephy Ecophyto pour croiser des approches pédagogiques

La vigne est un support pédagogique important : beaucoup de tâches sont encore manuelles. La taille, la vendange sont des moments d’échanges et de convivialité entre les élèves, les salariés et les enseignants. Cette production a aussi permis une coopération nouvelle entre les BTS APV et les GPN sur l’aménagement de surfaces viticoles. Dans le cadre de Dephy Ecophyto Vignerons de la Sainte Victoire, les étudiants ont été chargés de faire évoluer la biodiversité pour améliorer la situation sanitaire des parcelles. Ensemble ils ont effectué un diagnostic sur 11 exploitations du réseau et ont proposé des aménagements favorisant la biodiversité (haies, mares, nichoirs). L’ensemble a été présenté avec succès devant les viticulteurs de la région, membres du groupe. 

D'autres expérimentation et démonstrations sont en cours:

  • Sélection de variétés blé dur, soja et colza en partenariat avec Arvalis.
  • Création d'un verger de pommier et poiriers bio adapté (en cours de plantation) en partenariat avec le CETA de basse Durance.
  • Réduction du cuivre et soufre en viticulture bio (méthode optidose) en partenariat avec la chambre d'agriculture 13 et le groupe DEPHY ECOPHYTO Vignerons de la Sainte Victoire

Contacts utiles

Chiffres clés de l'exploitation

  • 60 ha de cultures : Blé dur, maïs et soja en irrigué, pois chiches et colza en sec
  • 12 ha de vignes en AB dont 10 avec irrigation
  • 0,5 ha de pommier en AB en fin de production.
  • L'ensemble de la production de raisin est vinifié et vendu pour partie en bouteilles (15000) sous label bio en IGP bouches du Rhône et AOP Côtes de Provence.

Pour aller plus loin:

MAAF - DGER - SDRICI - BDAPI

1 ter avenue de Lowendal, 75700 Paris 07 SP